La souplesse

Pourquoi se préoccuper de la souplesse ?

Parce qu’il vaut mieux être très souple et peu musclé que très musclé et peu souple. Vos muscles doivent être assez longs pour que vos articulations puissent jouer sans s’user trop rapidement. Vos vertèbres doivent être assez éloignées les unes des autres afin d’éviter qu’elles ne s’usent, qu’elles ne soient atteintes par l’arthrose ou qu’elles ne se soudent entre elles. Si vous n’êtes pas assez souple, vos vertèbres, trop proches, pourront être victimes de hernies discales. Ce ne sont que quelques dangers induits par le manque de souplesse, mais leur seule évocation devrait vous amener à réfléchir. Si vous musclez un corps sans l’assouplir, vous allez au-devant de douleurs handicapantes et de regrets désespérés. La pratique de la musculation est susceptible de nous causer de sérieux désagréments si nous négligeons notre souplesse. Les tensions existentielles seront accentuées.

Prenons l’exemple d’un pratiquant aux reins cambrés et aux épaules trop hautes. Ces caractéristiques physiques sont assez communes. Il est obsédé par le désir de développer sa musculature et se moque de la souplesse de son corps.

  • Les muscles du dos déjà toniques et raccourcis par la cambrure seront davantage raccourcis et douloureux. Les vertèbres, trop proches, susciteront de nombreuses blessures. Les hanches, à la mobilité réduite par la raideur du dos, s’useront plus facilement. Le bassin, raide et contracturé, empêchera une bonne circulation de l’énergie sexuelle.
  • Les tensions du bas du dos entraîneront des tensions dans le thorax et les cervicales. C’est un peu comme si vous comprimiez excessivement un ressort : la colonne vertébrale est ce ressort.
    Le crâne se rapproche ainsi du sacrum puisque la longueur de la colonne vertébrale diminue.
    Les douleurs à la nuque s’installeront dégénérant parfois en arthrose et hernies cervicales. Le pratiquant sera également plus petit puisque l’espace entre ses vertèbres aura diminué.
  • Les épaules trop hautes favorisent les contractures nerveuses des muscles trapèzes. Ces tensions s’ajoutent aux tensions causées par la raideur de la nuque. Le thorax (le diaphragme) et la nuque seront d’autant plus contracturés que le pratiquant aura subi divers traumatismes (chagrins, trahisons, pertes…) qu’il n’aura pas su gérer.

A plus ou moins long terme, le pratiquant se sentira fatigué, déprimé. Les contractures nerveuses accentuées par la musculation ne s’évacuent plus. Le corps est raide en permanence. Les muscles et les articulations deviennent douloureux. Le manque d’énergie est flagrant car l’influx nerveux est bloqué ou ralenti par les contractures. Le pratiquant devient de moins en moins entreprenant, réservant le peu d’énergie qu’il lui reste pour son obsession : le muscle. Dans certains cas, il peut souffrir de problèmes d’élocution et de confusion mentale.

Le pratiquant verra sa déprime s’accentuer car il ne progressera plus. Les muscles, pour se développer, ont besoin d’être contractés vigoureusement et c’est l’influx nerveux qui permet cette contraction. La faiblesse de l’influx nerveux, due aux contractures, condamne toute progression. En outre, un muscle raide, court et contracturé se développe difficilement à cause des problèmes circulatoires qu’il rencontre. Le sang circule mal puisque les vaisseaux sont comprimés et il ne peut apporter les éléments nutritifs nécessaires au développement. Les déchets issus du métabolisme sont peu ou pas éliminés toujours à cause de cette circulation déficiente. Le muscle, au lieu de s’épanouir, s’asphyxie.

Ce pratiquant, très motivé pour se muscler, va en concevoir un dépit extrême. Il risque de renforcer son attitude en s’entraînant davantage. Le manque de résultat peut déprimer la personne au point de perturber sérieusement son équilibre mental. L’entraînement devient une obsession de tous les instants, envahissant l’espace réservé à l’amour, au travail, aux relations amicales, sociales, familiales. L’univers de ce pratiquant devient de plus en plus étriqué. Le désir d’avoir des muscles, aussi légitime que la plupart des désirs humains, a conduit, par ignorance, à la maladie mentale.

Le tableau est sombre et peut paraître caricatural. Pourtant, ce genre de situation extrême existe. Ne négligez pas votre souplesse ! Vous serez à l’abri des problèmes qui viennent d’être évoqués et vous progresserez plus vite. Un muscle souple et détendu entre les entraînements récupère mieux et voit sa croissance augmenter rapidement. Vous serez plus musclé et bien dans votre peau, plus fort pour faire face aux difficultés de la vie. Les muscles souples sont aussi des muscles longs, ce qui confère une musculature esthétique.

L’obtention de la souplesse est également un préalable si l’on souhaite mincir. Le muscle doit pouvoir puiser dans les graisses l’énergie dont il a besoin, afin d’en diminuer les réserves. Il faut donc de bons échanges entre la graisse et le muscle. Une bonne circulation est indispensable pour éliminer les déchets, soulager le coeur et apporter les éléments nutritifs issus de la digestion. Tout ceci se déroule plus aisément lorsque nous possédons des muscles longs. Les muscles courts et raides connaissent une mauvaise circulation interne, ce qui ne favorise pas les échanges avec la graisse.

L’énergie nerveuse circule difficilement, on se fatigue donc plus vite à l’entraînement. Cette fatigue risque de saturer le système nerveux épuisé, et d’avoir des répercussions sur le système hormonal. Vous devez savoir qu’un système hormonal équilibré est nécessaire pour mincir comme pour développer sa musculature. Vos hormones sont à la base des transformations de votre corps. Vous devez éviter les régimes trop faibles en calories et déséquilibrés, l’excès d’entraînement et l’accumulation de stress. Sinon le système hormonal en pâtira et vous vieillirez plus vite sans parvenir à changer votre corps.

Lorsque vous n’êtes pas souple, comme nous l’avons vu, vos articulations vous font souffrir, vos muscles raides et peu irrigués vous font souffrir, vous vous sentez plus facilement déprimé. Ces situations de stress se cumulent et saturent votre système nerveux d’informations négatives. La conclusion est simple : peut-on vraiment prendre du muscle et perdre son gras quand on ressent en permanence un mal-être qui nous inhibe ?

Exercez votre souplesse ! Si vous êtes régulier, vous progresserez très rapidement. En deux mois, vous constaterez une très nette amélioration de votre souplesse qui ira de pair avec le développement harmonieux de votre musculature. Si vous pratiquez un sport, vous serez non seulement plus fort et plus rapide, mais aussi mieux coordonné, plus habile, moins sujet aux blessures. Vous récupérerez aisément. Des mouvements puissants (musculation), amples et rapides (souplesse) sont toujours un avantage. La souplesse vous permet de mieux utiliser votre force en étant plus rapide. Un muscle souple favorise la transmission de l’influx nerveux et donc la rapidité.

Lisez attentivement les descriptions des exercices qui vont suivre avant de commencer vos étirements. Regardez bien le dessin et étudiez la position de chaque partie du corps. Concentrez-vous sur la partie qui est étirée afin d’éviter tout à-coup ou faux mouvement qui pourrait engendrer des blessures. N’essayez pas de brûler les étapes en cherchant à atteindre absolument les objectifs fixés. La souplesse s’acquiert progressivement, comme le volume musculaire. Cherchez donc à distinguer la douleur qui vous aide à progresser de celle qui risque de provoquer des blessures.

La respiration est également très importante. Elle doit être ample et profonde. Remplissez vos poumons, dilatez votre poitrine. Il ne s’agit pas d’inspirer rapidement en gonflant la poitrine. L’inspiration doit durer, comme l’expiration, et vous ne devez jamais retenir votre souffle : ne bloquez pas votre respiration ! Imaginez que l’air inspiré emplit votre poitrine et votre ventre, évitez de respirer avec seulement la partie supérieure du buste. Bien sûr, vos poumons ne descendent pas dans votre abdomen jusqu’aux hanches, mais lorsque vous inspirez, il faut faire comme si c’était vrai.

  • Si l’on veut progresser rapidement, il faut tenir une position 30 secondes à 1 minute lorsque l’étirement devient désagréable. Dans ces conditions, l’entraînement de la souplesse devrait durer environ 1 heure.
  • Si vous avez le temps, échauffez-vous avant chaque séance de musculation avec quelques exercices pour le haut, le milieu et le bas du corps. Faites le reste des exercices d’assouplissement après la séance de musculation. Les jours sans musculation, faites la séance d’étirements dans l’ordre.
  • Si vous avez moins de temps, plusieurs solutions s’offrent à vous. Vous pouvez continuer à garder chaque position pendant 30 s à 1 mn mais en n’exécutant qu’un exercice sur 2 ou sur 3. Vous pouvez aussi faire tous les exercices en réduisant le temps qui leur est consacré. Ne descendez pas en dessous de 20 secondes sinon les effets seront négligeables. Si chaque position n’est tenue que vingt secondes, votre séance d’assouplissements durera environ vingt minutes. Dans ce cas, il faudra vous entraîner quatre à cinq fois par semaine pour espérer progresser rapidement.

Un pratiquant très motivé pour progresser rapidement à la fois en musculation et en souplesse fera tous les exercices d’assouplissement avant la séance de musculation. Il ne tiendra cependant chaque position que cinq à dix secondes. Après l’entraînement de musculation, il refera tous les exercices d’assouplissement mais en gardant chaque position pendant au moins vingt secondes. Ce principe est valable pour les entraînements d’endurance.

  • Avant une séance de musculation ou d’endurance, c’est ce principe de 5 à 10 secondes par exercice qui est le meilleur pour vous échauffer. Si cela vous ennuie de faire les 35 exercices d’affilée, faites-en au moins la moitié, un sur deux, à chaque fois (un jour le 1, le 3, le 5… La fois suivante le 2, le 4, le 6…).
  • Les exercices 7,12,16,17,18,19, 20, 21, 22, 23, 26, 29 et 30 sont très utiles pour renforcer le bas de votre dos et prévenir les douleurs. Si vous avez mal à cet endroit et que vous souhaitez atténuer les symptômes (et peut-être les voir disparaître), faites deux à trois fois chacun de ces treize exercices au lieu d’une seule fois.
  • Lorsque vous serez habitué à l’entraînement, n’hésitez pas à bouleverser l’ordre prescrit afin de trouver des séquences qui vous conviennent davantage. Par exemple, vous pourrez commencer par enchaîner tous les exercices se faisant au sol puis finir par ceux qui se réalisent debout. Vous pourrez également chercher des variantes pour chaque exercice lorsque vous serez apte à distinguer les différents types de douleur et reconnaître celle qui est un signal d’alarme indiquant que la position est mauvaise, voire dangereuse.

Après un an de pratique régulière, vous pourrez, si vous le souhaitez, trouver de nombreuses variantes de ces exercices dans des livres spécialisés (stretching, yoga). Cette démarche peut être utile pour ceux qui veulent atteindre un très haut niveau de souplesse. Plus vous serez souple, moins vous sentirez l’effet de certains exercices. Ce n’est pas une raison pour arrêter de les pratiquer. Continuez à entretenir vos capacités dès qu’un exercice devient « facile ». Dans ce cas, tenez un peu moins longtemps la position (quinze secondes, cela suffit si vous exercez votre souplesse au moins trois fois par semaine).

Gravez dans votre mémoire qu’il faut toujours s’étirer lentement et toujours revenir lentement è la position de départ ! Si vous vous relâchez brutalement, vous risquez la blessure